Spécial Knizia (interview, jeu inédit, Roi Arthur) - Sommaire


Interview Reiner Knizia

Reiner Knizia et son jeu le Roi Arthur
Reiner Knizia
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Reiner Knizia est un prolifique auteur allemand de jeux de société. On lui doit plus de 300 jeux publiés dans le monde entier depuis de nombreuses années. Ancien banquier, ancien mathématicien, le Docteur Knizia se consacre désormais à temps plein à la création de jeux de société. A l'occasion de la sortie en France du jeu "Le Roi Arthur" chez Ravensburger, il a accepté de se livrer au petit jeu de l'interview pour JesWeb.

JesWeb - Cher Monsieur Knizia, le jeu "Le Roi Arthur" vient de sortir en France. Etes-vous fier d'avoir conçu un jeu aussi particulier, ayant nécessité beaucoup d'innovations technologiques et des enregistrement de voix d'acteurs ?

Reiner Knizia - En vérité, je suis très fier du Roi Arthur. Je crois que le Roi Arthur est le premier jeu au monde qui réussisse à intégrer l'électronique dans un jeu de société de manière aussi harmonieuse. Les joueurs n'ont pas besoin d'avoir une quelconque connaissance sur l'électronique employée. On joue simplement en déplaçant les chevaliers sur le plateau, comme dans un jeu classique. Mais le petit ordinateur, caché dans la pierre abritant l'épée, enregistre tous les coups, sait qui se déplace, où il se déplace et ce qu'il y fait. Alors, comme par magie, l'ordinateur réagit à tout ce qui se passe. On rencontre des personnages hauts en couleur, on est confronté à des aventures pleines de défi et on explore le monde du Roi Arthur jusqu'au but final, qui est de dégager l'épée de la pierre et de devenir le roi.

L'innovation du jeu n'est pas tant dans l'électronique (on en trouve depuis longtemps dans les jeux de société) que dans le plateau. Il est imprimé avec une encre conductrice invisible qui peut communiquer avec l'ordinateur lorsque les chevaliers sont placés sur les lieux.

En fait le jeu est bien plus riche que ce qu'on n'aperçoit au premier abord: l'encre conductrice, l'intelligence artificelle, la variété de comportement des personnages rencontrés, les prophéties que les joueurs ne découvrent qu'au bout de plusieurs parties, etc.

JesWeb - Est-ce que le Roi Arthur (King Arthur en VO) s'est bien vendu en Allemagne ?

Ravensburger est le leader du marché des jeux en Allemagne, avec d'énormes capacités de productions propres. Malgré cela, l'an dernier quand King Arthur est sorti, Ravensburger n'a pas pu produire assez de jeux pour satisfaire la demande. Je considère qu'on peut appeler cela "bien se vendre"...

JesWeb - Un an après la sortie en Allemagne, et avec le recul, êtes-vous pleinement satisfait du design du Roi Arthur, et particulièrement de l'idée de masquer aux joueurs la mécanique de jeu gérée par l'ordinateur ?

Je reste totalement convaincu de l'intérêt du système de jeu du Roi Arthur. Les éléments d'électronique sont complètement fondus dans le jeu. Tout en jouant, une puissante atmosphère d'aventure se développe, à l'aide notamment d'effets sonores bien choisis. Chaque partie est différente, ce qui donne au jeu une très longue durée de vie.

Et puisque c'est l'électronique qui gère les mécanismes du jeu, les joueurs n'ont finalement pas besoin d'en connaître trop à ce sujet. Ils jouent, tout simplement, et s'immergent dans le monde du Roi Arthur comme s'ils avaient grandi dans cet univers.

JesWeb - Avez-vous prévu de sortir d'autres jeux basés sur le même principe ?

Il n'a jamais été question de ne produire qu'un seul jeu avec les nouvelles technologies mises au point pour le Roi Arthur. Il y un énorme potentiel de jeu grâce à cette innovation. C'est pourquoi vous pouvez en attendre encore plus, et encore plus... et pour très bientôt.

JesWeb - Quel est le jeu que vous avez publié l'an dernier et que vous affectionnez le plus (à part le Roi Arthur) ? Pouvez-vous donner quelques pistes aux lecteurs de JesWeb à propos de vos jeux à paraître l'an prochain ?

Lequel de vos enfants préférez-vous ? Chacun de mes jeux dispose de ses propres attraits. J'ai des "enfants" faciles comme Cache Cache Grenouille, des jeux à deux comme Duell, des jeux familiaux comme Marco Polo Expedition, des jeux fantastiques comme Blue Moon, ou encore des jeux plus abstraits comme Génial. Les jeux ne sont pas absolus, ils dépendent de l'état d'esprit et des gens avec qui vous jouez. Mon ambition est de proposer une large variété de jeux qui peuvent satisfaire différents goûts et correspondre à diverses situations.

L'an prochain, un de mes principaux jeux qui sortira sera le second basé sur une nouvelle technologie... Et attendez-vous à quelque chose de très attrayant.

JesWeb - On peut supposer qu'un tel jeu aura un thème radicalement différent du Roi Arthur ?

Bien entendu. Et les mécaniques de jeu seront radicalement différentes également.

JesWeb - Imaginons que vous soyiez prisonnier d'un ascenceur en panne. Dans vos poches, vous avez: 2 dés à 6 faces, 10 allumettes et 2 pièces de monnaie. Vous avez 10 minutes avant d'être libéré. Pouvez-vous inventer un jeu avec ce matériel et dans ces conditions ?

Le défi est d'un autre ordre: il ne s'agit pas simplement d'avoir l'idée d'un jeu, ce qui peut arriver en quelques minutes effectivement. Le défi est de trouver le temps de le développer, de le laisser grandir jusqu'à la perfection, de le tester à fond, et de garantir qu'il est réellement amusant d'y jouer. Par conséquent, la réponse est NON. La conception de jeux de société nécessite un peu plus d'effort que quelques minutes dans un ascenceur en panne. La qualité demande beaucoup de temps et de travail, et j'estime que mon nom est synonyme de qualité en matière de jeux. (NDT: en anglais, la phrase exacte est: "Quality in gaming is what my name stands for").

JesWeb - Merci Monsieur Knizia...

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