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Les plus

  • richesse des actions possibles
  • matériel pharaonique
  • le dilemne de la corruption

Les moins

  • rangement de la boîte un peu casse-tête

Notre avis

Peser le pour et le contre, savoir prendre des risques, gérer votre entreprise sur le fil du rasoir... Voilà le défi que propose Cléopâtre, servi par un matériel et des illustrations de toutes beautés.

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Cléopâtre a lancé la construction d’un nouveau palais. C’est l’occasion pour les architectes royaux de mettre en œuvre tout leur savoir-faire et de s’enrichir. Mais pour devenir l’architecte le plus fortuné le talent seul ne suffit pas. Il faut aussi avoir recours à des pratiques peu avouables pour prendre l’ascendant sur ses confrères. Mais attention, la corruption risque de conduire tout droit dans le ventre d’un crocodile sacré(ment affamé).

Matériel

La boîte de jeu est bien pleine :

  • 2 plateaux de jeu
  • des éléments de jeu en relief (sphinx, obélisques, trône, statuettes, etc.)
  • des dés spéciaux
  • des cartes
  • 4 pyramides
  • de nombreux jetons

Il y a tellement de matériel que le rangement doit être rigoureux pour tout faire tenir dans la boîte. Tous les éléments du jeu sont superbement illustrés ; l’ambiance égyptienne est très bien restituée.

A noter que le palais en construction est tout en relief (la boîte de jeu elle-même fait partie intégrante du décor) et constitue une sorte de « maquette » qui favorise l’immersion dans le jeu. Les aides de jeu résumant les règles sont très bien faites et sont très utiles en cours de partie.

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Très belles cartes
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Principe du jeu

Chaque joueur est un des architectes de Cléopâtre qui va s’efforcer de réaliser le plus d’ouvrages possibles pour gagner le plus de Talents possible. A la fin du jeu l’architecte survivant le plus riche est déclaré vainqueur. Le mot « survivant » est très important puisqu’à la fin du jeu l’architecte ayant le plus de jetons de corruption est impitoyablement puni de mort et jeté en pâture au crocodile sacré de Cléopâtre. Les jetons de corruption s’accumulent pour chaque architecte à la mesure des actions illégales qu’il va effectuer.

Le palais est constitué de 6 catégories de constructions : obélisques, sphinx, la porte, les colonnades, les mosaïques et le trône. Quand 5 des 6 catégories sont achevées, le jeu prend fin.

Chaque élément du palais coûte un certain nombre de ressources et rapporte un certain nombre de Talents. Les ressources sont représentées par les cartes à jouer ; il y a 5 types de ressources : artisans, bois précieux, marbre de Carrare, pierre de taille et lapis-lazuli.

A son tour de jeu un architecte choisit soit de visiter le marché et ainsi accroitre le nombre cartes de ressource ; soit de visiter la carrière et ainsi édifier un (ou plusieurs) éléments du palais.

La visite du marché permet à l’architecte de récupérer le contenu d’un des trois étalages à sa disposition. Chaque étalage contient des cartes visibles ou cachées en nombre plus ou moins important. Les cartes comprennent des ressources « standard » ; des ressources « corrompues » (par exemple une carte qui vaut 2 ressources de marbre) et des cartes personnages corrompus qui permettent d’effectuer des actions spéciales. Les cartes corrompues (ressources et personnages) procurent des avantages mais coûtent à leur utilisateur un ou plusieurs jetons de corruption.

Un architecte ne doit pas dépasser 10 cartes en main sous peine de récupérer là aussi un ou plusieurs jetons de corruption.

La visite de la carrière revient à bâtir une ou plusieurs parties du palais. Pour cela l’architecte se défausse de la combinaison de cartes correspondant au coût de la construction et il reçoit en paiement un certain nombre de Talents (et des jetons de corruption en cas d’utilisation de cartes de corruption).

Construire plusieurs éléments du palais en une fois est gratifié de Talents supplémentaires en bonus. Le nombre de Talents récompensant la construction d’un élément n’est pas toujours fixe et peut dépendre d’autres éléments déjà construits. A noter que les mosaïques sont des assemblages de dalles qui doivent trouver leur place dans les jardins royaux à la manière d’un « Tétris ». Outre le fait de trouver la bonne place (celle qui rapporte le plus) pour la forme de mosaïque, on peut s’arranger aussi pour ménager un espace qu’on peut convertir en sanctuaire et de ce fait s’affranchir de quelques jetons de corruption.

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Cléopâtre aime les mosaïques
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Commentaires

Je reviens tout d’abord sur l’aspect du jeu car les illustrations et les éléments du jeu sont très bien réalisés et les amateurs de l’Egypte ancienne vont adorer. L’idée d’utiliser la boite de rangement comme élément de jeu à part entière est originale. Concernant le principe du jeu je dirais qu’il faut prendre en compte de nombreux paramètres (les différentes constructions possibles, les cartes de corruption …) et que de ce fait il n’est pas vraiment possible de prévoir une stratégie à très long terme. On joue souvent en fonction des actions réalisées par les joueurs précédents en cherchant à profiter au maximum de ce qui est en place.

La corruption pose au joueur constamment un cruel dilemme : profiter des avantages qu’elle procure mais veiller à ne pas trop accumuler de jetons de corruption. Et toute la subtilité est bien là : on peut user de la corruption mais il faut surtout ne pas être celui qui aura le plus de jetons de corruption à la fin.

La fin du jeu est toujours palpitante car c’est le moment où sont révélés le nombre de Talents et de jetons de corruption accumulés par chaque joueur. Si le plus grand nombre de Talents désignent le vainqueur, le plus grand nombre de jetons de corruption désignent, eux, le perdant. Et il est arrivé lors de nos parties que celui qui avait le plus Talents, donc le vainqueur potentiel, finisse croqué par un croco et que le deuxième joueur le plus riche gagne la partie (note de PNL: c'était moi qui me suis fait bouffer !)

Je pense qu’un joueur néophyte peut se sentir un peu perdu au début par le nombre de possibilités offertes et va jouer « au hasard ». D’une part cela ne l’empêchera pas de gagner et d’autre part je trouve très motivant de découvrir petit à petit les « ficelles » à son avantage. Les règles peuvent sembler un peu touffue au premier abord mais en fait une fois le jeu entamé tout s’enchaine naturellement et on intègre facilement les principes du jeu.

C’est un jeu où on ne s’ennuie pas, il faut toujours être très réactif par rapport aux actions des concurrents. Le suspense sur le couronnement du vainqueur reste entier jusqu’à la fin du jeu.


Fiche technique
Nombre de joueurs 3 à 5
Auteurs Bruno Cathala et Ludovic Maublanc
Editeur Days of Wonder
Diffusion En boutiques spécialisées
Prix Moins de 50 euros